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Comment purger une pompe à eau : guide étape par étape

Une pompe qui glougloute sans débiter, un manomètre qui oscille à zéro pendant cinq secondes avant de monter, un surpresseur qui démarre puis s’arrête en boucle : la pompe a perdu son amorçage et de l’air s’est introduit dans le circuit. Le réamorçage par purge est l’opération la plus fréquente sur les pompes domestiques, et c’est celle où le plus de pannes définitives sont déclenchées par méconnaissance des étapes. Ce guide reprend la procédure exacte par type d’installation, pompe de surface, surpresseur à vessie, pompe immergée, pompe de piscine, avec les vérifications à faire pour que l’air ne revienne pas dans le mois qui suit.

Réponse rapide : comment purger une pompe à eau en 7 étapes

Couper l’alimentation et sécuriser le système

Avant tout geste, isoler électriquement la pompe au disjoncteur dédié au tableau, jamais simplement à l’interrupteur de l’appareil. Si une vanne d’arrêt existe en aval de la pompe (sortie du refoulement), la fermer pour empêcher le retour d’eau pendant l’opération. Sur un surpresseur avec ballon, dépressuriser le réservoir en ouvrant un robinet en aval : la pression descend à zéro en quelques secondes, vérifié au manomètre. Cette précaution évite les éclaboussures sous pression au démontage du bouchon de remplissage et la fatigue prématurée des joints.

Ouvrir le bouchon et remplir la pompe d’eau pour l’amorçage

Le bouchon d’amorçage se trouve sur le corps de pompe ou sur la tête du carter, identifiable par sa position haute et son joint torique. Le dévisser doucement, l’air s’échappe en sifflant si la pompe est encore sous une pression résiduelle. Remplir entièrement le corps de pompe avec de l’eau propre via un entonnoir ou directement à la bouteille. L’eau doit affleurer le bord du trou, sans bulle visible. Resserrer le bouchon à la main puis lui donner un demi-tour de clé : un serrage excessif endommage le joint, un serrage insuffisant provoque la prise d’air immédiate.

Chasser l’air de la conduite d’aspiration et relancer la pompe

La conduite d’aspiration entre la source d’eau (puits, cuve, bâche) et la pompe doit être pleine pour que l’amorçage tienne. Sur les installations qui le permettent, ouvrir un purgeur en point haut de la conduite et y verser de l’eau jusqu’à débordement. À défaut, démarrer la pompe pendant 30 secondes maximum : si elle aspire, le débit s’établit ; si elle continue de tourner sans débiter, couper et reprendre à l’étape précédente, un démarrage prolongé à sec grille la garniture mécanique en deux à trois minutes. Une fois le débit franc obtenu en sortie, laisser tourner deux minutes pour évacuer les bulles résiduelles avant de fermer le purgeur s’il y en a un.

Pourquoi faut-il purger une pompe à eau

Ce que provoque l’air dans une pompe et dans la conduite

Une pompe centrifuge classique fonctionne sur le principe du déplacement d’eau par une roue à aubes. La force centrifuge créée par la rotation projette l’eau vers l’extérieur, créant une dépression qui aspire l’eau du circuit amont. L’air, beaucoup moins dense que l’eau, ne se laisse pas projeter de la même façon : la roue tourne dans une bulle d’air, le couple résistant chute, l’aspiration ne se fait plus. Au-delà de la perte de débit, le fonctionnement à sec génère un échauffement rapide des paliers et de la garniture mécanique, qui se détériorent en quelques minutes. Un démarrage à sec d’une pompe domestique de 0,8 kW pendant 5 minutes suffit à griller le joint mécanique (pièce 30 à 80 €) et à fissurer le corps en thermoplastique des modèles d’entrée de gamme.

Les signes qu’une purge ou un réamorçage est nécessaire

  • Pompe qui tourne sans débiter, avec un bruit aigu différent du bruit normal de pompage.
  • Manomètre qui oscille brusquement entre 0 et la pression de service.
  • Filet d’eau intermittent en sortie qui s’arrête puis reprend.
  • Surpresseur qui démarre, charge à la pression de coupure, puis recommence dans la minute (court-cyclage).
  • Bruit de cavitation : claquements métalliques rythmés sur la pompe.
  • Pression nominale jamais atteinte malgré un fonctionnement prolongé.
  • Pompe de piscine qui aspire de l’air visible en bulles dans le préfiltre transparent.

Avant de commencer : sécurité, matériel et vérifications de base

Checklist de sécurité avant purge

  1. Disjoncteur de la pompe coupé et identifié au tableau pour éviter une réenclenchement intempestif.
  2. Pression du circuit ramenée à zéro par ouverture d’un robinet aval.
  3. Vannes d’isolement amont et aval fermées si présentes.
  4. Protection oculaire en cas de fuite sous pression résiduelle.
  5. Récipient sous la pompe pour récupérer l’eau qui s’écoule au démontage.
  6. Notice du constructeur disponible pour repérer le bouchon d’amorçage spécifique au modèle.
  7. Local sec pour intervenir en sécurité électrique.

Outils utiles : manomètre, clé, seau, joints et raccords

Un manomètre à cadran 0-10 bars permet de vérifier la pression à l’arrêt et en service, en plus de celui éventuellement intégré à la pompe. Une clé à molette ou jeu de clés plates en 17-19-22 mm couvre la plupart des bouchons et raccords. Un seau ou récipient large pour récupérer l’eau pendant l’ouverture. Des joints toriques de rechange aux dimensions du bouchon (souvent 24 × 3 mm sur les pompes domestiques courantes), 0,50 € pièce, toujours en avoir d’avance. Une bobine de Téflon pour reprendre l’étanchéité d’un raccord fileté qui aurait fait prise d’air. Un entonnoir pour faciliter le remplissage. Une lampe frontale pour intervenir en local technique sombre.

Quand il vaut mieux ne pas intervenir soi-même

Trois situations recommandent l’appel d’un professionnel. Une pompe immergée descendue à plus de 30 mètres dans un forage, la remontée et la repose nécessitent un treuil et une corde de sécurité, et toute erreur peut faire tomber la pompe au fond. Un surpresseur avec ballon dont la vessie est suspectée percée, le diagnostic et le remplacement de la vessie demandent une dépose complète du ballon. Une pompe sous garantie dont l’ouverture annule la garantie constructeur : faire valoir le SAV est plus rentable. À l’inverse, l’amorçage simple d’une pompe de surface, d’une pompe de piscine ou d’un surpresseur reste à la portée de tout bricoleur attentif.

Identifier le type de pompe et de système avant de purger

Pompe de surface et groupe hydrophore

La pompe de surface reste à l’air libre, en local technique, et aspire l’eau par dépression depuis un puits, une cuve ou une bâche dont le niveau d’eau se trouve plus bas. La hauteur d’aspiration théorique plafonne à 7-8 mètres, en pratique 5-6 m maximum à cause des pertes de charge et de la pression atmosphérique limite. Le bouchon d’amorçage se trouve toujours en haut du corps de pompe, repérable au logo du fabricant ou à un repère « refill ». Le groupe hydrophore associe une pompe de surface, un réservoir à vessie et un pressostat sur le même châssis : tout est accessible, l’amorçage se fait en une opération.

Surpresseur avec ballon ou réservoir à vessie

Le surpresseur classique combine pompe centrifuge, réservoir à vessie de 20 à 200 litres et pressostat. La vessie en EPDM, gonflée d’air à une pression légèrement inférieure au seuil de redémarrage de la pompe (typiquement 1,5 bar pour un démarrage à 2,5 bars), accumule l’eau sous pression et limite la fréquence de cyclage. La purge concerne ici le corps de pompe ; la vessie elle-même ne se purge pas mais sa pression d’air doit être vérifiée à la valve une fois la cuve vide. Une vessie percée ne stocke plus l’air et fait court-cycler la pompe, diagnostic par appui sur la valve d’air : si de l’eau sort, la vessie est rompue et le ballon doit être remplacé.

Voir aussi :   Fonctionnement d’une pompe vide cave : principe, installation, choix et entretien

Pompe immergée en citerne

Les pompes immergées plongées dans une cuve ou une citerne ne se désamorcent pas tant qu’elles restent sous l’eau : pas de purge nécessaire en fonctionnement normal. Si une pompe immergée semble désamorcée, c’est qu’elle aspire de l’air par sa crépine sortie de l’eau (niveau trop bas dans la cuve), par une fuite du tuyau de refoulement ou par un clapet anti-retour défectueux qui laisse retomber l’eau dans la cuve à l’arrêt. Le diagnostic se fait sans démontage : remettre du niveau dans la cuve, vérifier le tuyau et le clapet en sortie de pompe.

Pompe de piscine et circuit de filtration

La pompe de piscine intègre un préfiltre transparent en entrée, qui sert aussi de chambre de remplissage pour l’amorçage. La purge consiste à démonter le couvercle du préfiltre, vérifier la propreté du panier crépine, remplir d’eau à ras-bord, refermer hermétiquement (joint torique en bon état impératif) et démarrer la pompe. Sur une pompe de piscine bien dimensionnée, l’amorçage se fait en moins de 30 secondes. Au-delà, c’est qu’une fuite d’air persiste sur la canalisation d’aspiration, sur les vannes du système ou sur les skimmers, vérifier l’étanchéité des paniers de skimmer, des vannes 6 voies et des unions filetées.

La méthode générale pour purger et réamorcer une pompe à eau

Étape 1 : couper le courant et isoler l’installation

Disjoncteur dédié sur OFF, vannes d’isolement amont et aval fermées si présentes, pression du circuit ramenée à zéro en ouvrant un robinet en aval pendant que la pompe est encore arrêtée. Vérifier au manomètre que la pression a bien chuté. Cette étape évite l’éjection sous pression au démontage du bouchon, qui peut provoquer brûlures (eau chaude sur certaines installations) et projection dans les yeux.

Étape 2 : ouvrir le bouchon de remplissage et remplir la pompe d’eau

Localiser le bouchon d’amorçage en partie haute du corps de pompe. Le dévisser lentement à la clé jusqu’à entendre l’air sortir. Quand le sifflement cesse, retirer le bouchon entièrement. Verser de l’eau propre via un entonnoir jusqu’à ce qu’elle déborde, il ne doit plus rester de bulle visible dans la chambre. Inspecter le joint torique du bouchon ; s’il est aplati, fissuré ou marqué d’une trace de calcaire, le remplacer (pièce courante 0,50 à 2 €). Reposer le bouchon, le serrer à la main puis donner un demi-tour de clé pour assurer l’étanchéité sans déformer le joint.

Étape 3 : chasser l’air de la conduite d’aspiration

Sur une pompe de surface aspirant à plus de 4 mètres, remplir uniquement le corps de pompe ne suffit pas : la conduite d’aspiration de plusieurs mètres reste pleine d’air et la pompe ne réussira pas à la vider lors du démarrage. Solution : ouvrir un purgeur en partie haute de la conduite (souvent juste avant l’entrée de la pompe) et y verser de l’eau jusqu’à débordement. Une autre méthode consiste à dévisser légèrement le raccord d’aspiration côté pompe et à verser l’eau jusqu’à ce qu’elle remonte dans la conduite. Cette opération peut prendre 5 à 20 litres selon la longueur et le diamètre de la conduite.

Étape 4 : contrôler le clapet anti-retour, les tuyaux et l’étanchéité

Le clapet anti-retour au pied de l’aspiration (crépine immergée) ou immédiatement à l’entrée de la pompe garde la conduite pleine entre deux usages. Un clapet collé ouvert laisse l’eau redescendre par gravité dans le puits, vidant la conduite et désamorçant la pompe à chaque arrêt. Le clapet collé fermé empêche l’aspiration. Vérifier son fonctionnement par démontage : il doit s’ouvrir librement quand on appuie dessus dans le sens du flux et se refermer franchement par gravité ou à contre-flux. Sur un clapet bouché par sédiments, un nettoyage à la brosse à dents et au vinaigre blanc le rend opérationnel.

Étape 5 : remettre en route et surveiller la pression

Réouvrir les vannes d’isolement, ouvrir un robinet en aval pour évacuer l’air résiduel, réenclencher le disjoncteur. La pompe démarre, l’air sort par le robinet en bulles puis le débit s’établit franchement. Le manomètre monte en quelques secondes à la pression de service. Refermer le robinet aval, la pression atteint le seuil de coupure du pressostat (3,5-4 bars typiquement), la pompe s’arrête. Vérifier ensuite l’absence de fuite à l’œil et à l’oreille sur tous les raccords, particulièrement autour du bouchon d’amorçage qui vient d’être manipulé. Une fuite au niveau du bouchon impose un démontage et un nouveau remplacement du joint.

Que faire si la pompe se désamorce immédiatement

Quand la pompe perd son amorçage dans la minute qui suit la remise en service, la cause se trouve toujours dans une fuite d’air sur la conduite d’aspiration. Inspecter en détail : raccords filetés à reprendre au Téflon, joints toriques fatigués, fissure dans un tuyau PVC, clapet anti-retour percé. Tester chaque raccord par badigeonnage d’eau savonneuse et observation des bulles d’air aspirées. Une autre cause possible : la canne d’aspiration sortie de l’eau dans le puits ou la cuve par baisse du niveau dynamique, vérifier le niveau et la longueur de la conduite d’aspiration.

Cas pratique 1 : purger un surpresseur avec ballon ou réservoir à vessie

Comment purger un ballon surpresseur sans erreur

Sur un surpresseur, l’opération comporte deux phases. D’abord la purge du corps de pompe selon la méthode générale ci-dessus. Ensuite la vérification de la pression d’air dans le ballon, qui doit être réglée 0,2 bar en dessous de la pression de démarrage du pressostat. Pour un pressostat réglé à 2,5/3,5 bars, la vessie doit être gonflée à 2,3 bars cuve vide. Vidanger d’abord le ballon par un robinet en aval pendant que la pompe est arrêtée, puis vérifier la pression à la valve d’air en haut du ballon avec un manomètre de gonflage. Ajuster avec un compresseur ou un pied à pompe si nécessaire.

Vérifier la pression d’air du réservoir à la valve

La valve d’air, identique à une valve de roue de vélo (Schrader), se trouve en haut du ballon ou en partie supérieure pour les ballons horizontaux. Avec un manomètre de pression d’air à embout Schrader, mesurer la pression cuve vide. Une chute de pression d’air progressive (perte de 0,1-0,2 bar par mois) signale une vessie en fin de vie. Ajuster avec un compresseur portable ou une pompe à pied. Sur les surpresseurs récents, certains ballons utilisent une vessie indépendante remplaçable séparément ; sur les modèles plus anciens, le ballon entier doit être changé.

Voir aussi :   Pompe de relevage : avantages, inconvénients et critères pour bien choisir

Reconnaître une vessie percée ou un ballon défaillant

Trois symptômes signent une vessie défaillante. Le court-cyclage de la pompe : démarrages toutes les 10-30 secondes même en faible consommation, parce que le ballon ne tient plus son rôle d’amortisseur. La sortie d’eau par la valve d’air quand on appuie dessus : signe direct que l’air et l’eau ne sont plus séparés, donc vessie percée. Le ballon qui ne tient plus la pression d’air mesurée à la valve. Le remplacement complet du ballon (50 à 200 € selon la capacité) ou de la vessie seule (30 à 80 €) résout le problème. Une vessie qui dure normalement 8 à 15 ans s’use plus vite si la pression d’air n’a jamais été ajustée.

Cas pratique 2 : purger une pompe de piscine ou un circuit après hivernage

Pourquoi une pompe de piscine prend de l’air

Le circuit de filtration d’une piscine présente plusieurs points faibles à la prise d’air. Le couvercle du préfiltre dont le joint sèche et se fissure en deux à trois saisons. Les bondes de fond et les skimmers dont les vannes d’isolement perdent leur étanchéité. Les unions PVC sur les vannes 6 voies du filtre à sable. Le niveau d’eau du bassin trop bas qui découvre les skimmers et fait aspirer de l’air en entrée. Après hivernage, l’air emprisonné dans les canalisations vidées doit être chassé pour permettre le redémarrage normal.

Procédure de purge et d’amorçage après hivernage

Vérifier d’abord le niveau d’eau du bassin (skimmers immergés au moins à mi-hauteur). Ouvrir toutes les vannes d’aspiration (skimmers, prise balai, bonde de fond). Démonter le couvercle du préfiltre de la pompe, inspecter et nettoyer le panier, remplir entièrement la chambre du préfiltre avec de l’eau. Inspecter le joint torique du couvercle, le graisser à la graisse silicone, replacer hermétiquement. Réouvrir la vanne d’aspiration côté pompe, la vanne de refoulement vers le filtre, et démarrer. La pompe doit s’amorcer en moins de 30 secondes. Si après une minute la chambre du préfiltre se remplit de bulles, couper et chercher la fuite d’air.

Contrôler les bulles de retour et l’étanchéité du circuit

Une fois le circuit en service, observer les buses de refoulement dans le bassin. Quelques bulles dans les premières minutes sont normales (air résiduel des canalisations). Des bulles persistantes signalent une prise d’air continue. Tester systématiquement chaque vanne, chaque raccord, chaque joint en versant un peu d’eau dessus pendant le fonctionnement : si la pompe « hoquette » ou aspire la flaque, le défaut est localisé. Le panneau d’inspection des skimmers et le couvercle du préfiltre concentrent 80 % des fuites d’air sur les piscines résidentielles.

Cas pratique 3 : pompe immergée en citerne ou installation à niveau variable

Ce qui change avec une pompe immergée

Une pompe immergée correctement installée ne se purge pas : elle reste sous l’eau et son corps est toujours plein. Quand une pompe immergée semble désamorcée, le diagnostic porte sur l’environnement, pas sur la pompe elle-même. Le niveau d’eau dans la cuve ou le forage est-il suffisant ? La crépine d’aspiration est-elle obstruée par des feuilles ou des sédiments ? Le clapet anti-retour en sortie de pompe fonctionne-t-il (à l’arrêt, l’eau ne doit pas redescendre dans la cuve) ? Le tuyau de refoulement présente-t-il une fuite quelque part sur son parcours ?

Vérifier le niveau d’eau, le clapet et le retour

Le niveau d’eau se vérifie à la lampe torche par la trappe de visite. La pompe doit rester immergée d’au moins 30 cm sous la surface, idéalement 1 mètre. Le clapet anti-retour se diagnostique par observation à l’arrêt : si le manomètre du circuit retombe à zéro en quelques secondes, le clapet ne tient plus et le tuyau se vide entre deux démarrages. Sur un débit qui faiblit progressivement, soupçonner la crépine encrassée, la remontée de la pompe permet de vérifier et de nettoyer. Sur les cuves de récupération d’eau de pluie, un nettoyage annuel de la crépine flottante évite ce problème récurrent.

Si la pompe ne repart pas : diagnostic des causes d’air et de perte d’amorçage

Fuite d’air sur les raccords, tuyaux ou bouchon

La fuite d’air sur la conduite d’aspiration est invisible à l’œil, l’eau n’a pas tendance à sortir, c’est l’air qui rentre par dépression. Détection par badigeonnage d’eau savonneuse sur chaque raccord pendant que la pompe tourne : les bulles aspirées révèlent la zone fautive. Reprise au Téflon ou remplacement du joint suffit dans 90 % des cas. Sur les tuyaux PVC, une fissure invisible peut s’ouvrir sous dépression, tester par mise sous pression positive (raccordement sur un tuyau d’arrosage) ou remplacer la portion suspecte.

Clapet anti-retour, filtre ou conduite d’aspiration en cause

Un clapet anti-retour bloqué ouvert vide la conduite à chaque arrêt et oblige à reréamorcer en permanence. Démontage, nettoyage à la brosse, vérification de la fermeture franche par gravité, remontage avec joint neuf si abîmé. Un préfiltre encrassé crée une perte de charge supplémentaire qui empêche l’amorçage : nettoyage trimestriel des cartouches ou remplacement annuel selon la qualité de l’eau. La conduite d’aspiration ne doit jamais former de point haut entre la source d’eau et la pompe : tout point haut piège une bulle d’air qui rompt l’amorçage. Reposer la conduite avec une pente continue ascendante vers la pompe.

Niveau d’eau trop bas, réservoir défaillant ou pompe qui se désamorce

Sur un puits dont le niveau dynamique baisse en saison sèche, la canne d’aspiration peut se retrouver à l’air pendant le pompage. Solution : descendre la canne, vérifier sa longueur effective. Sur une cuve de récupération d’eau de pluie, le niveau bas active le flotteur de protection qui coupe la pompe, ou aurait dû la couper si le flotteur fonctionne. Un réservoir à vessie défaillant fait court-cycler la pompe sans la désamorcer mais multiplie l’usure. Une pompe qui se désamorce répétitivement malgré tous les contrôles peut souffrir d’une garniture mécanique fatiguée qui prend l’air par l’arrière du moteur, diagnostic professionnel et remplacement.

Comment vérifier que la purge a réussi

Les signes d’un retour à la normale

  • Manomètre qui monte en quelques secondes à la pression de service et y reste stable.
  • Débit franc et continu en sortie de robinet, sans à-coups ni interruption.
  • Bruit de fonctionnement régulier et grave, sans claquements ni cavitation.
  • Aucune bulle visible dans le préfiltre transparent (pompes de piscine).
  • Cycles de marche-arrêt espacés correspondant aux usages réels (pas de court-cyclage).
  • Pression maintenue à l’arrêt pendant plusieurs heures (clapet anti-retour étanche).

Quand refaire une purge ou reprendre l’amorçage

Une purge bien faite tient des mois ou des années si l’installation est étanche. Si la pompe se désamorce à nouveau dans les heures ou jours suivants, c’est qu’une fuite d’air persiste et que la purge n’a fait que masquer le symptôme. Refaire un diagnostic complet de la conduite d’aspiration et des raccords avant de purger une seconde fois. Une purge devient nécessaire après chaque vidange de l’installation (entretien, hivernage, remplacement de composant), après une coupure prolongée d’alimentation en eau, ou après tout démontage qui met la pompe à l’air. Sur les surpresseurs résidentiels classiques, une purge de routine annuelle accompagnée de la vérification de la pression de la vessie évite la plupart des pannes.

Voir aussi :   Quel surpresseur choisir ? Comparatif, calculateur et guide d'achat 2026

Entretien préventif pour éviter une nouvelle purge

Les contrôles à faire tous les quelques mois

  • Inspection visuelle de la pompe et des raccords : recherche de traces d’humidité ou de calcaire.
  • Test du pressostat : seuils de démarrage et de coupure conformes au réglage initial.
  • Mesure de la pression d’air de la vessie tous les 6 mois sur un surpresseur.
  • Nettoyage des préfiltres et crépines selon la qualité de l’eau (annuel à trimestriel).
  • Vérification du clapet anti-retour par observation du maintien de pression à l’arrêt.
  • Resserrage modéré des raccords filetés une fois par an, sans forcer.
  • Test du fonctionnement de la pompe sur un cycle complet en simulant une consommation.

Après hivernage, vidange ou remplacement d’un composant

Après une coupure hivernale ou un remplacement de pièce, l’amorçage doit être systématiquement refait. Vérifier d’abord que la pompe n’a pas gelé : un corps de pompe gelé montre des fissures visibles ou laisse écouler de l’eau au remplissage. Remplir le corps, l’aspiration jusqu’au point haut, démarrer. Au démarrage, surveiller au manomètre la montée en pression et au robinet aval l’arrivée du débit. En cas de remplacement d’un raccord ou d’une vanne, badigeonner le joint au Téflon et serrer modérément pour ne pas déformer. Un démarrage à sec d’une pompe gelée endommage instantanément la garniture mécanique.

Erreurs fréquentes à éviter lors de la purge d’une pompe à eau

Les 6 erreurs qui font perdre l’amorçage ou aggravent la panne

  1. Démarrer la pompe sans avoir rempli son corps : le moteur tourne à sec et grille la garniture en quelques minutes.
  2. Forcer le serrage du bouchon d’amorçage : déformation du joint torique, fuite immédiate.
  3. Oublier de remplir la conduite d’aspiration sur les hauteurs supérieures à 4 mètres : la pompe ne réussira jamais à se réamorcer seule.
  4. Réutiliser un joint torique fatigué pour gagner du temps : prise d’air dans les jours qui suivent.
  5. Démarrer alors qu’une vanne d’isolement est restée fermée : surpression et déclenchement de la sécurité, voire endommagement du circuit.
  6. Rebrancher l’alimentation électrique sans avoir d’abord ouvert un robinet aval pour évacuer l’air résiduel : pression sans évacuation, court-cyclage instantané.

Questions fréquentes sur la purge d’une pompe à eau

Pourquoi une pompe à eau se désamorce-t-elle

Une fuite d’air sur la conduite d’aspiration en est la cause dans 80 % des cas. Raccord mal étanche, joint fatigué, clapet anti-retour défectueux qui laisse retomber l’eau dans le puits, fissure dans un tuyau PVC, niveau d’eau dans la source qui descend sous la canne d’aspiration. Plus rarement : garniture mécanique en fin de vie qui aspire de l’air par le moteur, vessie de surpresseur percée qui fait perdre la pression à l’arrêt.

Comment purger l’air d’une pompe à eau correctement

Couper l’alimentation électrique, fermer les vannes d’isolement, vidanger la pression résiduelle. Dévisser le bouchon d’amorçage situé en haut du corps de pompe. Remplir entièrement avec de l’eau propre via un entonnoir jusqu’au débordement. Vérifier le joint torique, resserrer le bouchon. Ouvrir un robinet aval, réenclencher le disjoncteur. La pompe démarre, chasse l’air par le robinet, le débit s’établit. Surveiller la pression au manomètre.

Comment réaliser l’amorçage d’une pompe après une vidange ou une panne

Après vidange, remplir le corps de pompe et la conduite d’aspiration en commençant par le point haut, contrôler l’étanchéité de tous les raccords démontés (Téflon neuf, joints toriques en bon état), démarrer en gardant un robinet aval ouvert pour évacuer l’air. Le débit franc doit s’établir en moins de deux minutes ; au-delà, couper et reprendre l’amorçage du corps en cherchant la fuite d’air responsable.

Comment purger un surpresseur d’eau avec ballon et réservoir

Procédure en deux temps. D’abord la purge classique du corps de pompe par le bouchon d’amorçage. Ensuite la vérification de la pression d’air dans le ballon à la valve Schrader, qui doit être 0,2 bar en dessous du seuil de démarrage du pressostat (typiquement 2,3 bars pour un démarrage à 2,5 bars). Vidanger d’abord le ballon par un robinet aval avant de mesurer la pression d’air. Ajuster avec un compresseur ou une pompe à pied si nécessaire.

Comment vérifier la pression d’un ballon à vessie

Couper la pompe, vidanger le ballon par un robinet aval (la cuve doit être complètement vide d’eau). Démonter le capuchon de la valve d’air en haut du ballon. Avec un manomètre à embout Schrader, mesurer la pression. Comparer à la pression cible (0,2 bar sous le seuil de démarrage du pressostat). Si la pression a chuté de plus de 0,5 bar, la vessie fuit ; si l’eau sort à la valve quand on appuie, la vessie est percée et le ballon doit être remplacé ou la vessie changée.

Quel rôle jouent le clapet, le bouchon, la valve et le manomètre

Le clapet anti-retour empêche l’eau de redescendre dans la conduite d’aspiration à l’arrêt, conservant l’amorçage. Le bouchon d’amorçage permet le remplissage du corps de pompe. La valve d’air du ballon Schrader sert au gonflage et à la mesure de la pression d’air de la vessie. Le manomètre indique la pression du circuit en service et à l’arrêt, son maintien à l’arrêt confirme l’étanchéité du circuit et le bon fonctionnement du clapet.

Comment identifier une fuite ou un défaut d’étanchéité sur la conduite d’aspiration

Pendant que la pompe tourne, badigeonner chaque raccord avec de l’eau savonneuse à l’aide d’un pinceau ou d’un spray. Une fuite d’air se manifeste par des bulles aspirées vers l’intérieur (et non éjectées comme une fuite d’eau classique). Inspecter les filetages, les bagues serrage, les joints toriques, les colliers de serrage sur tuyaux souples. Une autre méthode consiste à mettre la conduite sous pression positive depuis un robinet d’arrosage et observer où l’eau sort.

Que faire si la pompe de piscine aspire de l’air

Vérifier le niveau d’eau du bassin (skimmers immergés à mi-hauteur minimum), inspecter le couvercle du préfiltre et son joint torique, contrôler les vannes d’isolement et les unions PVC sur le filtre à sable. Le couvercle du préfiltre concentre la majorité des prises d’air sur les piscines résidentielles : joint à graisser au silicone et à remplacer toutes les deux à trois saisons. Si le problème persiste après vérification de tous les éléments visibles, faire intervenir un professionnel pour tester l’étanchéité des canalisations enterrées.

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